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Urhu

Créé en avril 2009 au théâtre de l’Echandole, Yverdon-les-Bains

Un cd sortira certainement en 2010. Patience …

Composition, langue inventée : Anne-Sylvie Casagrande

Voix et percussions : Gisèle Rime, Edmée Fleury, Anne-Sylvie Casagrande

Théâtre d’objets : Georg Traber

Costumes : Karin Larcher

Regard complice : Thierry Romanens

Son : Tibor Naef 

Création lumière : Angelica Fricker

URHU parle de temps, d’horloge et de mesure

URHU évoque la lutte permanente et émouvante de l’homme contre l’effacement des choses, de l’homme aux prises avec sa nature mortelle et cloisonnée.

URHU interroge la musique sur sa mécanique profonde.

URHU met en jeu deux univers créatifs :celui du trio NØRN et celui de l’artiste visuel Georg Traber.

Le projet URHU combine deux méthodes de travail, deux formes d’expression aux référentiels culturels différents – Romandie et Suisse Alémanique – qui, cependant, conservent leur authenticité et leur cohérence propres. Ces deux trajectoires artistiques désirent se croiser pour donner naissance à une troisième forme que l’on pourra baptiser : un concert en salle mis en acte.

la Traberproduktion et le temps

Dans sa performance HEINZ BAUT (une tour en bâtons mesurant 13 mètres de haut, construite et démontée en 3 heures et demie), Georg Traber s’intéressait déjà au thème de l’espace et du temps. La construction et la déconstruction d’un objet – en l’occurrence une tour – sont à comprendre comme le positif et le négatif d’une architecture dont l’existence est limitée dans le temps.
En assistant au spectacle, le public est directement invité à ressentir la qualité éphémère de l’acte artistique et de toute construction humaine.

Un autre thème souvent traité par Georg Traber sont les variations surprenantes découlant de l’utilisation d’un objet de base. Dans URHU, la roue est l’objet central autour duquel la machine se transforme, selon un curieux cycle d’évolution. En effet, cette roue est le cÅ“ur de l’outil qui sert à traverser l’espace, mais aussi celui de l’appareil qui mesure le temps.

www.traberproduktion.ch

Nørn et le temps

Le trio Nørn est indéfectiblement lié à la problématique du temps. En effet, son nom vient de la mythologie nordique où les Nornes sont trois femmes-gardiennes du temps.

Pour URHU, Anne-Sylvie Casagrande se propose de mettre en musique et en mots inventés (dans la tradition de Nørn) le patrimoine horloger typique de sa terre d’origine, à savoir le Jura Bernois. Grâce à ce thème d’inspiration, elle a pu affiner sa recherche sur les polyrythmies et les scansions de l’instant, et se lancer dans l’exploration de nouvelles contrées vocales pour traduire, par exemple, le sentiment d’urgence ou le sentiment d’éternité. Sous la forme de joutes ludiques parfois développées jusqu’à leur point de rupture, les chants d’URHU mettent en confrontation l’humain (avec ses qualités organiques et chaotiques liées à l’émotion) avec l’utilisation de machines séquentielles régulières et sans pitié (métronomes). La poésie nostalgique liée au temps est également abordée : surimpressions de chants sur des bandes-sons travaillées (vieux carillons, coucous, boîtes à musique).

D’une manière générale, le thème de l’homme en lutte permanente et émouvante contre l’effacement des choses est abordé, de l’homme aux prises avec sa nature mortelle et cloisonnée. Mais aussi de l’homme génial inventeur de machines visant à mesurer le temps en l’enfermant dans des compartiments bien rangés.
Et la question se pose déjà : cet homme, qui s’est voulu dans le passé l’artisan de son destin, cet homme ne devient-il pas petit à petit aujourd’hui, dans une société affolée gouvernée par l’horloge, l’ouvrier de son propre esclavage ?