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Les Chants du Petit Ciel

 

spectacle musical

Durée : 70’

Compositions vocales, langue inventée : Anne-Sylvie Casagrande

Voix : trio Norn & ensemble vocal féminin Callirhoé

Chef de chœur : Dominique Tille

Guitare : Randolph Hunziker

Costumes : Clarissa Zoellner

Mise en scène : Loulou

Eclairages : Claire Firmann

 

LA RENCONTRE

En 2008, Anne-Sylvie Casagrande et Dominique Tille se rencontrent dans le cadre de Kaléidoschoral, un programme mis sur pied par Pro Helvetia et visant à promulguer le chant choral en Suisse. En 2011, l’ensemble vocal Callirhoé (www.callirhoe.ch) et son directeur Dominique Tille commanditent à Anne-Sylvie Casagrande l’écriture musicale de La Loba, une pièce pour chœur de femmes et trio soliste (trio Nørn). Après le plaisir partagé et le succès de l’aventure, Nørn et Callirhoé se découvrent l’envie de créer ensemble un spectacle entier.

L’ENSEMBLE VOCAL CALLIRHOÉ

Créé en 2005 sous l’impulsion de son directeur Dominique Tille dans le cadre du festival lausannois « Concert libre pour un été », l’ensemble vocal est formé de chanteuses professionnelles et semi-professionnelles. En se produisant aussi bien dans des lieux traditionnels que dans des espaces inhabituels, l’ensemble espère faire découvrir le répertoire pour voix égales, vaste et mal connu, ainsi que susciter la création d’œuvres auprès de compositeurs romands.
Avec son répertoire intimiste, a cappella, avec orgue ou avec ensemble instrumental, Callirhoé souhaite proposer à son public des ambiances et des couleurs rares, insolites.
En 2011, pour célébrer sa cinquième année, l’ensemble a enregistré « Ondes nouvelles », un CD regroupant 11 titres,  dont 10 créations (œuvres de commande de l’association « Voix de Femmes »). Un disque qui a reçu un très bon accueil de la part des professionnels et du public et dont la promotion a été assurée au cours de 2012. En 2013, Callirhoé s’est joint à l’association Eustache pour la création « Les Dieux de l’espace » en collaboration avec la Maison d’ailleurs (musée de la science-fiction) à Yverdon-les-Bains.

DOMINIQUE TILLE, le chef de chœur

Dominique Tille a étudié la direction de chœur à Genève et à Berlin, notamment avec Michel Corboz et Kai-Uwe Jirka. Il a créé le Chœur des jeunes de Lausanne, le Chœur des jeunes du canton de Vaud et l’ensemble vocal féminin Callirhoé, ensembles dont il assure la direction artistique. Il dirige également le chœur de la Cité et le Chœur de l’HeMU, Haute Ecole de Musique de Lausanne et il est cofondateur et directeur de l’Académie Vocale de Suisse Romande. Membre de la commission de musique de l’Union Suisse des Chorales, professeur de direction dans le cadre de l’association vaudoise des directeurs de chœur, il s’engage pour la formation et la promotion de l’art choral en Suisse.
Intéressé par toutes les musiques chorales, ses projets s’inscrivent volontiers dans une démarche de découvertes et d’échanges.

LA MUSIQUE

Pour Anne-Sylvie Casagrande, la rencontre entre le trio Nørn et l’ensemble Callirhoé tient à la fois de l’évidence et du défi. Evidence, parce que ces constellations ont toutes deux choisi comme noyau magnétique les voix, et, qui plus est, les voix de femmes. Ce qui les rapproche. Mais défi aussi, car les ponts à construire pour les relier nécessitent l’exploration d’une écriture musicale subtile. En effet, il s’agit dans les compositions d’établir des règles de gravitation et d’équilibre qui permettent d’associer les deux entités sans leur faire perdre leurs qualités particulières et leur autonomie de fonctionnement réciproque.

L’ÉCRITURE

UNE DÉMARCHE ORIGINALE :
Anne-Sylvie Casagrande a pensé les Chants du petit Ciel comme des musiques calligraphiques. Légères ou incisives, dansantes ou lourdes, évanescentes ou puissantes, les compositions suivent la gestuelle d’un coup de pinceau. Mélodies, rythmes et harmonies deviennent alors les signes ou les graphèmes vivants d’un mouvement paraphé sur la toile de l’espace imaginaire. Car de quel ciel s’agit-il, sinon de notre ciel intérieur ?

DES CONTRAINTES CHOISIES :
La majeure partie des musiques des Chants du petit Ciel est composée pour un effectif de 30 voix à cappella, regroupées en 6-9 registres étagés (3-6 pour Callirhoé et 3 pour Nørn). Si la création du spectacle concerne la totalité des 27 chanteuses du chœur auxquelles s’ajoutent les 3 voix du trio, la tournée ultérieure du spectacle prévoit un effectif plus « léger » de 12 chanteuses auxquelles s’ajoutent les 3 voix de Nørn.

UN INSTRUMENT SUPPLÉMENTAIRE :
Pour un tiers du programme, la compositrice choisit d’introduire dans l’architecture un instrument mélodique, à savoir une  guitare. La partition sera confiée au veveysan Randolph Hunziker (musicien au toucher très particulier avec lequel le trio Nørn travaille depuis 2007) et élaborée en dialogue avec lui sur des bases d’improvisation. Ce choix permet d’introduire des basses dans les polyphonies déployées dans la tessiture réduite inhérente aux voix de même nature (voix égales).

LE STYLE :

Une fois de plus, le style musical se situe entre tradition et innovation. On peut parler de musique ethno-fabuleuse ou de musique ethno-actuelle. Mais la question se pose : s’agit-il de musique profane ou de musique sacrée ? Or la frontière entre ces deux genres n’est-elle pas poreuse ? Autrement dit, ces deux musiques ne s’abreuvent-elles pas à la même source ?
Enfin, fidèle à sa démarche d’invention de langues et pour illustrer la thématique volatile des Anne-Sylvie Casagrande a doté les Chants du petit Ciel d’une langue d’air et de vent.

LA THÉMATIQUE

Les Chants du petit Ciel s’attachent à décrire en musique des « visions ». Ces visions sont à comprendre comme des moments de suspension hors du temps permettant à l’auditeur d’élargir ses frontières de perception. Dans une sorte d’apesanteur aérienne, l’auditeur est convié à vivre l’expérience d’une évasion onirique. Comme si son état de conscience s’élargissait l’espace d’un instant aux dimensions de l’infini invisible.
Par sa recherche du mouvement, l’architecture calligraphique des pièces musicales permet de créer le véhicule, le navire spatial ou astronef capable de suivre les courants de convection et les turbulences atmosphériques nécessaires à l’envolée. Et à la retombée. Car la perception n’existe toujours que par le contraste.

Quant aux visions, elles ne sont pas forcément béatifiques et dessinées à même un ciel bleu limpide; elles ouvrent à travers les nuages les plus noirs de brusques failles célestes aussi profondes que les gouffres du psychisme humain. En fait la thématique des Chants du petit Ciel est : qu’est-ce que la musique permet de voir en nous ? Et où commence le jour, et où finit la nuit ?

LA MISE EN SCÈNE

Avec ses qualités d’humanisme, son enthousiasme et son attrait pour les mondes oniriques, la comédienne chanteuse et metteur en scène genevoise Loulou a mis en calligraphie et en dramaturgie les Chants du petit Ciel.
Les chorégraphies mouvantes du trio Nørn sont toujours induites par la musique. Fidèles à leur travail sur la voix prolongée par le corps, les trois chanteuses demeurent dans cette innocence paradoxale, oscillant entre gravité et légèreté espiègle, sans que le spectateur ne puisse jamais trancher.L’ensemble Callirhoé n’est toutefois pas traité comme une figure statique adoptant la disposition du « rang d’oignons » : développée dans son rôle de narrateur ou de commentateur, sa chorégraphie est toujours travaillée dans l’ensemble.

LES COSTUMES

Quant aux costumes du trio, du guitariste et du chef de chœur, ils sont l’œuvre de la costumière genevoise Clarissa Zoar. Ces costumes soulignent les personnalités différentes mais complémentaires des interlocuteurs. Ils leur permettent une entière liberté d’expression.
Le chœur, quant à lui, est doté d’accessoires plus simples, mais choisis par la costumière en cohérence avec la ligne esthétique et symbolique générale.