Iod
Spectacle musical
Durée : 60 minutes
Compositions (musique et langue inventée) : Anne-Sylvie Casagrande
Voix : Gisèle Rime, Edmée Fleury, Anne-Sylvie Casagrande
Percussions : Hervé de Pury
A.-S.C.
LA THÉMATIQUE
IOD invoque l’océan et, à travers l’eau, parle de la femme et de la naissance.
IOD chante nos premières eaux.
IOD raconte les grands cycles et le déluge qui, dans sa symbolique, n’est pas un cataclysme définitif, mais un processus permettant la régénération de l’humanité. En effet, sans une réabsorption périodique dans les eaux, les formes épuiseraient leurs possibilités créatrices et s’éteindraient définitivement.
IOD évoque, avec gravité et humour, les civilisations englouties peuplant notre mémoire.
LA MUSIQUE
Ecouter la musique d’Anne-Sylvie Casagrande est une expérience étrange, une plongée dans un monde mal délimité, plein d’impressions et de rêves. Dans IOD, la mer est mise en musique tantôt comme une énorme valse maternelle frottant sa croupe à tous les rivages, infiniment généreuse et féconde, avec, accrochés à ses mamelles, des milliers de petits poissons luminescents, tantôt comme la complainte lancinante et troublante d’une sirène solitaire appelant les humains. D’autres chants invoquent les fondateurs de grands mythes, comme Gilgamesh et Icare ; d’autres traduisent la lente descente des sous-marins jusqu’à ces zones immobiles des grands fonds qui nous parlent d’éternité et nous rappellent les mers mortes de la lune.
Mais toujours, les polyrythmies, les timbres et les tessitures explorés dans leurs extrêmes ébranlent l’auditeur et l’emmènent dans un univers nouveau.
Un percussionniste complète le trio vocal. Les timbres particuliers de ses instruments (hang, dulcimer, calebasses d’eau, oudou-drum, etc…) se marient d’une manière organique aux voix ; ses rythmiques chaloupent ou chahutent les architectures vocales.
Quant à la langue d’eau de IOD, elle est inventée et s’appelle toujours le nørnik. Elle s’apparente à la langue d’une civilisation engloutie…
LES COSTUMES ET LA MISE EN SCÈNE
Peau de loutre, peau de lune et peau de poisson. Créés par Claude Rueger, les costumes racontent l’eau avec force et poésie, écailles et plissés. Ils dessinent les mouvements mystérieux qui prennent corps sous la surface, les formes de vie extravagantes, le poids des abysses et les montagnes des fonds sous-marins.
Le trio Nørn aime les décalages et transgresse les règles prédéfinies des concerts traditionnels. Dans une mise en scène sensuelle et pleine de malice, Anne-Cécile Moser a exploré la figure emblématique de l’hydre à trois têtes.
COUPURES DE PRESSE
24 Heures, 8.11.06, C.Pa. : L’ENVOÛTANT DÉLUGE VOCAL DE TROIS ELFES AQUATIQUES
“Leur nouvelle création explore l’élément liquide dans tous ses états, du clapotis à l’inondation, entre cataclysme et régénération. Pour plonger le public vingt milles lieues sous les mers, Anne-Sylvie Casagrande a créé un nouveau nørnik, métissé de sonorités tantôt arabisantes, tantôt balkaniques. ” L’eau est planétaire. Cette langue lui ressemble, elle s’infiltre partout sans s’arrêter aux frontières. ” Sur scène, une nappe musicale envoûtante et subtile émane de ces trois bouts de femmes à l’expressivité captivante. Pour Iod, A-S Casagrande a appelé en renfort le percussionniste Hervé de Pury. Tapant, frottant, caressant, griffant une ribambelle d’instruments plus ” nørniens ” les uns que les autres, il libère les voix de la contrainte d’assurer une base rythmique. Plus encore que dans Fridj, les timbres des trois sirènes tressent alors avec finesse des atmosphères tour à tour grave, sensuelle ou espiègle.”
La Liberté, 9.05.06, Joëlle Challandes : L’ENVOÛTEMENT SELON NØRN
“Nørn a offert à une centaine de spectateurs captivés un bain iodé samedi soir au festival Altitudes. C’est le moment d’embarquer dans le nouvel univers ensorcelant du groupe : l’eau dans ses débordements. Vêtues de robes noires ondulantes aux reflets nacrés, ces sirènes nous emmènent sur les flots, accompagnées pour la première fois par un musicien. Dans une cascade vocale et instrumentale très riche, les artistes se confrontent à l’eau. Trois timbres de voix différents qui s’accordent à la perfection. Bercées, bousculées, chavirées, inondées, Gisèle Rime, Edmée Fleury et Anne-Sylvie Casagrande affrontent le déluge illustré par les nombreux instruments d’Hervé de Pury. Jamais vaincues par la tempête ou le vertige des hauteurs, elles reprennent de l’oxygène et poursuivent inlassablement leur chant. Gagné par leur emprise gestuelle et sonore, le spectateur a l’impression d’avancer sur les vagues de la vie avec elles.”
24 Heures, 26.9.07, Corinne Jaquiéry : UNE VAGUE D’ÉMOTIONS VOCALES
“Trois femmes. Fascinantes comme un trio de planètes étincelant au firmament de nos imaginaires, proches comme des copines avec qui on pourrait parler de tout. Aussi différentes qu’unies dans leur recherche d’un son venu du fond des âges, venu du fond d’elles-mêmes. (…) A la fois étrange et familier, l’univers de Nørn attire comme un lieu artistique aux multiples possibles.”
Feuille d’avis de St Prex, 11.3.07 : CONCERT VOCAL
“De la pure magie. Dès la première seconde, on est immergé dans une poésie totale, par les sons, étranges, prenants, envoûtants même, sans oublier l’aspect visuel, essentiel, sorte de chorégraphie pleine de tendresse et de sensualité. Telles des sirènes aux bras élégants, aux mains fluides, aux mouvements du corps ralentis par l’élément liquide, les trois femmes-Nornes nous ont “cloués” à nos sièges, fascinés comme Ulysse à son mât…”

